Le Haut-Savoyard n'a pas caché son émotion quand son buste, créé par le sculpteur breton Bernard Potel, lui a été remis dimanche des mains du député-maire de Levallois, Patrick Balkany, tout près de la salle Marcel-Cerdan, là où a combattu le mythique boxeur. Une petite cérémonie organisée entre amis du sport et qui a aussi consacré Raymond Poulidor, gloire nationale.
«Ce buste est pour moi une vraie reconnaissance» nous a confié, ému, le boxeur haut-savoyard. À ses côtés, de nombreux témoins de sa carrière ou fans de toujours comme les journalistes Daniel Pautrat, Henri Sannier, les anciennes gloires Bernard
Thévenet, Lucien Van Impe, Maurice Tavant (plusieurs fois champion d'Europe de boxe) ou encore Cyrille Guimard.
Un regret: l'absence de Jean-Paul Belmondo, supporter de toujours et parrain de son fils. «Après chaque combat, il venait me voir dans les vestiaires, on a de vrais liens d'amitié.»
Ce fut non seulement l'occasion de se remémorer la carrière de l'un des plus efficaces puncheurs des années 1970 (59 combats professsionnels sans connaître le KO!) mais aussi de se rappeler... les temps bénis de la boxe.
Roger Menetrey avait la force et les ressources morales pour devenir une légende de la boxe
Jusqu'au milieu des années 1970, avant que les combats pro ne passent de 15 à 12 rounds et l'éclatement en plusieurs fédérations, la boxe était encore considérée comme le "sport des sports". Avec une simple règle: un homme face à un autre homme qui se bat avec ses poings. «Sur un ring, on ne doit pas tricher. C'est un raccourci des réalités de la vie» glisse Marcel Cerdan fils, présent à la soirée.
Forcément fascinant pour les artistes. Montand, Gabin, Ventura, Delon , Belmondo, et bien d'autres encore, ne manquaient pas d'assister à ces combats professionnels et soutenaient leurs poulains dans les médias. «On a voulu trop humaniser la boxe en donnant des consignes de prudence aux arbitres. Les combats sont devenus moins spectaculaires et le public s'est détourné» constate amèrement Roger Menetrey.
Car, il y a une trentaine d'années, la boxe déplaçait les foules et, proportionnellement, beaucoup plus que les matchs de football. C'était, avec le cyclisme, le sport populaire par excellence.
12 000 personnes s'étaient ainsi rassemblées à Genève, en 1971, pour voir le Gallois Ralph Charles se faire mettre KO par Roger Menetrey, au 8e round, ce dernier remportant ainsi son premier titre européen. 18 000 spectateurs, dans l'ambiance de folie que l'on devine, sont venus assister à Grenoble, en 1973, au championnat du monde qui l'opposait à l'indétronable mexicain José Napoles. Un combat perdu aux points par Roger Menetrey.
Vient enfin le temps de la retraite sportive en 1974, notre champion a alors 29 ans. Trop tôt regretteront certains. Beaucoup pensent que le champion annécien aurait pu entrer dans la légende de la boxe française au niveau d'un Cerdan ou d'un Carpentier. Roger en avait le physique et, mieux encore, les ressources morales. Mais 13 années de boxe (il a commencé à 16 ans) ça use son homme. Le Haut-Savoyard a les pieds sur terre. Il comprend alors qu'il ne faut pas risquer le combat de trop.«En 1974, je menais de front carrière sportive et carrière commerciale (une brasserie à Annecy et un hôtel à La Clusaz), il m'a fallu faire un choix.»
Dimanche, près de Paris, un champion a été consacré une nouvelle fois... 24 ans après la fin de sa carrière. Plutôt rare. À quand, en Haute-Savoie, une reconnaissance officielle de celui qui a porté haut les couleurs de notre département?REPÈRES
SUR 52 VICTOIRES, 42 AVANT LA LIMITE!
Roger Menetrey est né en 1945 à Annemasse.
Il a été champion de France des welters de 1969 à 1970, champion d'Europe de 1971 à 1974 à l'époque où il y avait une seule fédération.
Il a échoué dans sa tentative de remporter le titre mondial, en 1973, contre José Napolès.
Sur ses 59 combats professionnels, il a remporté 52 victoires dont 42 par KO! Sa force? Il frappait aussi fort des deux poings.
BERNARD POTEL, ÉLÈVE DE PAUL BELMONDO
Le buste offert à Roger Menetrey a été réalisé par le sculpteur breton Bernard Potel qui est aussi un ami de l'ancien boxeur.
L'artiste a été élève de Jean Terzieff puis de Paul Belmondo (le père de Jean-Paul). C'est avec ce dernier qu'il a été initié à l'art du portrait et à celui de la médaille.
Bernard Potel travaille auprès de la Monnaie de Paris depuis 1980. Il a reçu de nombreux prix et distinctions dans le monde entier.
Dominique CHEUL
SOURCE / http://ledauphine.com
Peut etre bientot en ligne sur le site de la FFB !!! lol
