Samedi soir, à Saint-Quentin, Guillaume Frénois défiera Osman Aktas. Pour suivre la trajectoire de son frère, Cyril Thomas…
Votre père vous appelle grosse tête, autant en raison de votre caractère que de votre niveau intellectuel…
« J'ai eu une très bonne scolarité. J'ai obtenu un bac scientifique malgré sept semaines d'absence complète car j'étais en équipe de France. Mes professeurs ont même essayé de me dissuader de me présenter… Après, j'ai fréquenté, l'Insep, décroché un Deug, une licence, le Capeps et le professorat d'EPS. »
Le côté forte tête ?
« Je ne suis pas un mouton. Et quand on n'en est pas un en équipe de France, que l'on a un minimum d'intelligence, ça ne va pas. Ils veulent des gars qui se laissent faire… »
D'où tenez-vous ce caractère, de votre père Philippe « Fidel Castro » ?
« Avec ma mère, il m'a inculqué les valeurs que j'aime. Mon père reste dans l'ombre mais on lui doit tout pour le sport. S'il y en a un à remercier, c'est lui. Il critique beaucoup, est impulsif mais on peut parler avec lui. Il a souvent raison, sauf qu'il n'a pas la manière de le dire… »
En amateurs, vous aviez pété les plombs en plein championnat de France à Laon, en insultant le Carolo Sofiane Takoucht, qui se trouve aujourd'hui être votre rival n° 1…
« C'était par rapport à mon frère Philippe (battu par Takoucht). Ce n'était pas prémédité mais quand on touche à la famille, je deviens incontrôlable. Pour quelqu'un qui réfléchit, c'est un peu un paradoxe. Tout ça remonte à quatre ou cinq ans et, avec l'entrée dans le monde du travail, j'ai mûri. Seulement quand on me cherche, je sors mes crocs, pas ceux du chat mais ceux du serpent : il y a du venin.»
Après vos deux opérations aux épaules vous sembliez perdu pour le haut niveau…
« En 2004, j'ai été victime d'une première subluxation à l'épaule gauche en 8e des championnats de France contre Zakaria Ziouti. Je gagne mais… Ça reste mon gros échec. C'était l'année de la qualification pour les JO d'Athènes.
D'un autre côté, ça m'a permis de relativiser. Et de préparer le Capeps en parallèle. Sans ces blessures, je n'aurais peut-être pas un métier aujourd'hui… »
Même catégorie, même début de palmarès (Tournoi puis Coupe) : tout en étant complètement différent, vous marchez exactement sur les traces de Cyril…
« J'aime les titres. Chaque saison, je voulais avoir des objectifs. C'est la raison pour laquelle Alain (Cuvillier) m'a engagé dans les diverses compétitions. »
Vous croyez-vous capable d'avoir aussi le même destin que Cyril ?
« On va tout faire pour. Dans ma tête, j'aime la boxe et je prends du plaisir. C'est paradoxal : c'est dur mais c'est bon. En plus, je suis un très mauvais perdant. »
Un combat Frénois-Takoucht fait saliver à l'avance…
« S'il le faut, j'irai le boxer par mes propres moyens. Mais je ne fais pas de fixation : Aktas, Kassi, Takoucht, Bonifai, peu importe… »
Ce discours est rare. Les jeunes boxeurs réclament plutôt une carrière protégée ?
« On m'a dit : tu vas faire un championnat de France contre Aktas : je relève le défi. Pour mon 6e combat pro, j'ai pris Bad qui en avait 35. Je me fais confiance ! »
Question piège : vous sentez-vous plus proche de Cyril ou de Jérôme ?
« (Rires)… de Fifi (Philippe) (pro lui aussi). Nous avons grandi ensemble. C'est avec lui que j'allais à la pêche et me promener dans les champs. Il n'y a que deux années qui nous séparent. »
Recueilli par Jean-Pierre Prault
SOURCE / http://www.lunion.presse.fr
