Gala de Saint-Quentin, Joël fait toujours le poids

Discussion autour de la boxe anglaise professionnelle
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le boxeur51

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Philippe Frénois n'a pas échappé au rituel imposé par « Jo», hier soir. Bon pour le service...

Hier avait lieu la pesée avant la réunion de ce soir. L'occasion de vérifier le poids de ce rituel à travers celui qui tient la balance.
JOËL connaît la musique. Il y a tellement longtemps qu'il enchaîne ces gestes. D'abord, vérifier que sa balance est opérationnelle. Puis s'assurer que tous ses poids sont là. Tous les certificats médicaux. Tous les papiers d'identité. Et les autorisations de séjourner sur le territoire, Et, enfin, les licences.
Joël connaît tellement la musique qu'il s'étonne qu'on ne la connaisse pas aussi bien que lui. Délégué de réunion depuis 1989, « Jo » Lefebvre est connu de tous. Il pèse d'une précision forcément maniaque.
Trois cents réunions au compteur, ça rend crédible. Sa silhouette est, depuis une petite éternité, indissociable de tout ce qui touche à la boxe axonaise.
Courbettes
Bon alors, c'est quoi une pesée réussie ? « Ben, quand tout le monde fait le poids », répond-t-il benoîtement. L'homme est bourru, tendance attachant.
Ce Ternois d'origine a le regard fatigué et le cheveu ras. Entre deux appels de boxeurs, il s'agite, transpire et maugréé. A 62 ans, il s'offusque : « Comment ça, encore combien de temps ? Je suis retraité mais en forme, non ? ».
Après avoir été le témoin privilégié de centaines de ces rituels codifiés, que retient-il ? Des pesées, rien ou presque. Son esprit s'évade immédiatement sur des combats : « Mendy au championnat d'Europe à Creil en 1992, la défaite de Nicotra chez lui après tant de KO ».
Tout d'un coup, il s'interrompt, lève un sourcil : « Eh, tu ne vas pas faire une pleine page sur moi au moins ? ». Aïe, on est repéré. A ce stade, difficile de battre en retraite.
Heureusement, le devoir l'appelle. D'un sourire amusé, il abrège : « Bon, t'as eu tout ce que tu voulais ? »
A quelques mètres, les combattants s'avancent. Montent sur la balance un par un. Certains semblent franchement soulagés de ne pas dépasser la limite. Hier, personne n'a été recalé. Ni au poids, ni à la visite médicale qui suit. La routine.
Tête contre tête
Seule, la caméra d'une chaîne cryptée rappelle l'importance de la réunion de ce soir. Devant cet ambassadeur de rêve, on est prêts à quelques courbettes.
Quitte à applaudir très poliment le M. Boxe de Canal, Christian Delcourt, présent dans la salle d'entraînement du Boxing-club de Saint-Quentin. Vaguement embarrassé, celui-ci se cache derrière son bloc-notes : « Il faut surtout applaudir les boxeurs ».
Pour les clichés post-pesée, les officiels s'invitent sur les photos. Lorsque chacun s'en retourne se rhabiller, le caméraman rappelle le poids du rituel : « Si on pouvait faire un petit face to face.. ». Traduire : « Regardez-vous, regardez-nous et donnez-nous la certitude que ce sera une boucherie ». Chacun s'exécute de bonne grâce.
La plume Myriam Chomaz prend la traduction littérale et pose tête contre tête avec son adversaire, Jennifer Barber.
Devant ce balisage extrême, les boxeurs apprennent-ils encore quelque chose à ces occasions ? Pas forcément, à en croire Cyril Thomas : « C'est vrai que les caméras, c'est un peu ch… C'est plus utile pour eux que pour nous. Et c'est marrant pour les spectateurs. Cela dit, la pesée reste un bon moyen pour prendre la température de son adversaire. »
A quelques mètres, Joël ne dit pas le contraire : « Tu imagines la boxe sans pesée ? C'est im-po-ssi-ble ! ». Au moins autant que d'imaginer la pesée sans Joël et son pragmatisme bouillonnant.
M.L.

SOURCE / http://www.lunion.presse.fr
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Renaud
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Merci c'est un bon article. Un personnage attachant.
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