
Je ne suis champion du monde que depuis à peine deux mois, mais je suis déjà prêt à remonter dans le ring pour défendre ce que j’ai acquis en défaisant Adrian Diaconu en juin dernier. Comme je l’ai confirmé en conférence de presse aujourd’hui, j’effectuerai la première défense de mon titre à la fin septembre contre l’Italien Silvio Branco.
La dernière fois que je vous ai donné de mes nouvelles, au lendemain de ma conquête du titre des mi-lourds du WBC, je ne réalisais pas encore pleinement ce qui venait de m’arriver. Aujourd’hui, avec du recul, je suis davantage en mesure de vous dire à quoi ressemble ma vie dans la peau d’un champion.
Quand je croise les gens dans la rue, inévitablement, je peux voir dans leurs yeux qu’ils me regardent avec beaucoup plus de respect qu’avant. À une autre époque, les gens se plaignaient que je criais haut et fort que j’étais le meilleur sans jamais avoir prouvé quoi que ce soit. Mais maintenant que je suis passé de la parole aux actes, que j’ai fait mes preuves, je sens de façon concrète que j’ai gagné le respect des gens.
Après avoir vu des mois de sacrifices et d’efforts récompensés d’aussi belle façon, il fallait que je prenne un break, que je m’amuse. Et c’est ce que j’ai fait au cours des semaines qui ont suivi ma victoire sur Diaconu. Je ne m’en cache pas, j’ai profité de la vie et des avantages d’être champion. Pourquoi m’en priver? J’ai travaillé fort pour en arriver là et j’ai mérité de profiter des avantages qui en découlent.
Mais ma vie de tous les jours n’a pas vraiment changé. Je dis souvent à la blague qu’à chaque matin, je me lève, je dois faire mon lit, mon ménage et ensuite je reste bloqué sur la 40 comme tout le monde! Ça, ça n’a pas changé avec une ceinture! Mais toujours pour rire, je me dis que tout ça pourrait changer si je deviens champion unifié. Peut-être qu’alors, je pourrai m’acheter un hélicoptère et éviter le trafic!
Depuis quelques semaines, c’est le retour à la réalité. C’est bien beau être champion du monde, mais si je veux conserver mon titre, je dois me remettre à l’entraînement.
C’est sûr qu’être couronné champion du monde, c’est un bel accomplissement, mais pour moi, ce n’est pas la fin du rêve, ce n’est que le début. Je l’ai déjà dit et je le répète : en devenant champion du monde, j’ai réussi la première étape de mon plan. La deuxième, c’est de conserver ma ceinture pour un jour devenir champion unifié et l’un des meilleurs boxeurs sur la planète Terre.
Vous trouvez que je me mets de la pression ou que je place la barre trop haute? Je ne suis pas d’accord. Comme je l’ai toujours dit, dans la vie, pour aller loin, il faut viser loin.
C’est dans cette optique que je désire rester actif. La motivation est toujours là et je ne veux pas m’asseoir sur mes lauriers. Je suis même encore plus motivé maintenant que je sens que les objectifs secondaires que je m’étais fixés sont plus que jamais accessibles. Je dois conserver ma discipline, mon éthique de travail et persévérer si je rencontre des embûches.
Si je commence à me prendre pour un autre, à mettre la pédale douce à l’entraînement parce que je pense que je suis "the best" et que personne ne peut me battre, c’est là que le bateau va commencer à couler. Et je n’ai pas l’intention que ça se produise. Si le bateau coule, je vais laisser mon adversaire dedans et sauter à l’eau avec la bouée de sauvetage!
Branco, un boxeur aguerri
Mon prochain adversaire en est un très coriace. Silvio Branco est un boxeur qui n’a pas été champion du monde seulement une, mais deux fois. Il faudra que je le prenne vraiment au sérieux. À 43 ans, il a évidemment beaucoup d’expérience et malgré son âge, il a conservé toute sa rapidité. Il est comme un Bernard Hopkins blanc, un boxeur qui a bien vieilli.
En plus, son jeune frère, Gianluca, a aussi été champion du monde. Il vient donc d’une famille de boxeurs, de champions, ils ont ça dans le sang.
Même si c’est seulement la deuxième fois que Branco traversera l’Atlantique pour se battre au niveau professionnel, c’est un boxeur qui a connu une belle carrière amateur et qui a ainsi voyagé partout à travers le monde. Il sait ce que sait, se battre en territoire étranger. En plus, trois de ses quatre combats de championnat du monde se sont tenus à l’extérieur de l’Italie. Alors il est familier avec la pression de boxer loin de chez lui.
Pour moi, c’était une priorité de me battre devant mes fans à Montréal. J’avais dit à Yvon Michel que je voulais faire ma défense obligatoire chez moi, devant les gens qui m’ont appuyé depuis le jour 1 et j’ai bien l’intention de ne décevoir personne!


