Comme LB51 me l'a demandé dans un autre Thread je poste un article que j'avais écris sur le business du MMA (en France et à l'étranger)
Voilà l'article en question (j'espère que ça intéressera des gens lol)
Si le MMA est surtout un sport il ne faut pas oublier que c’est également un business. L’argent, les contrats publicitaires font partie intégrante du game. Fightway.fr vous propose aujourd’hui une immersion dans les coulisses du MMA.
Les Forces en présence :
L'UFC fait figure de poids lourd des organisations mondiales de MMA et depuis le rachat du Pride FC par Zuffa (ndlr: société productrice de l’UFC et du WEC) aucun concurrent n’a pu se mettre au niveau des américains.
Certains ont pourtant essayé. Ce fut le cas de l’Elite XC arrivé dans le circuit avec beaucoup d’ambition, trop peut-être. Cette organisation a affronté de manière frontale l’UFC avec des shows de grande envergure et des combattants populaires et médiatiques (Lawler, Kimbo Slice, Gina Carano). Si cette politique était séduisante sur le papier, financièrement elle était beaucoup plus périlleuse. De plus Elite XC s’est lancé dans une politique de fusion/acquisition (achat de Icon Sport, du Cage Rage, du King of The Cage) qui lui a couté très cher puisque que l’entreprise dirigée par Pro Elite a du mettre la clef sous la porte.
Aux USA d’autres organisations essaient de se faire une place au soleil ! Celle qui s’en sort le mieux est sans doute le Strikeforce qui, avec ses têtes d’affiches (Cung Le, Frank Shamrock, Phil Baroni), arrive à tenir le haut du pavé.
D’autres « petites » organisations parsèment le tableau du MMA aux USA comme le RITC ou l’AFL. Arrivé récemment aux USA Affliction a affiché de grandes ambitions, reste à savoir si l’organisation aura les moyens financiers de celles-ci.
Sur la scène internationale les autres organisations sont essentiellement concentrées en Asie et notamment au Japon, terre de MMA par excellence. Depuis la mort du Pride FC deux organisations majeures ont fait leur apparition au pays du soleil levant : le Sengoku World Victory Road et le Dream (ndlr: détenu par FEG, société productrice du K-1). D’autres organisations telle que le Shooto, le Deep ou la Cage Force, bien que plus intimistes, jouissent d’une bonne réputation au Japon et à l’étranger.
En Europe les plus grandes et prestigieuses organisation sont concentré au Royaume Uni avec le Cage Rage, le Cage Warrior et l’UFC qui vient régulièrement sur le sol britannique. On peut également citer le M-1 basée en Russie et qui, avec son M-1 Challenge, se déplace sur toute la planète. En France très peu d’organisations sont recensées du fait d’un cadre législatif très restrictif. Toutefois des promoteurs comme Atch essaie de faire avancer les choses avec des shows de grande qualité réalisé avec moins de moyens que ses concurrents européens.
L’argent : Le nerf de la guerre !
La promotion de MMA n’étant pas une activité caritative, tous les promoteurs ont un but : gagner de l’argent. Si cette activité peut s’avérer très lucrative, elle n’est toutefois pas sans risque (demander à Gary Shaw président du défunt Elite XC).
D’une manière générale les promotions de MMA ont deux sources de revenus principale : La billetterie et la vente de Pay-Per-View (PPV) et à ce jeu là c’est une nouvelle fois l’UFC qui s’en sort le mieux.
Avec une moyenne de 250.000 PPV vendus pour chaque évènement, on peut estimer que l’UFC génère plus de 10 millions de dollars de chiffre d’affaire par événement. Dans le même temps Zuffa dépense en moyenne 800 000$ pour payer l’ensemble des combattants pour une soirée (sic !). Il faut également signalé que ses chiffres ne prennent pas en compte le marchandising (ventes de produits dérivés.)
D’autres organisations essaient d’attirer de généreux mécènes pour financer leur business. C’est le cas d’Afflicition qui collabore avec Donald Trump Jr. ou du M-1 dont le grand argentier est l’homme d’affaire russe Vadim Finkelchtein.
De manière générale le marché du MMA a reussi, aux USA, à générer plus d’argent que la boxe ou la WWE.
Au Japon la manière dont est financée ce sport est plus mystérieuse et opaque. Des observateurs ont souvent fait état de relation avec les Yakuza (ndlr: mafia Japonaise) toutefois il est difficile de faire la part entre le fantasme et la réalité. De plus certaines organisations sont en proies à des difficultés financières comme le Dream, qui a été accusé par certains combattants de ne pas verser les salaires, ou le Pride FC qui a été contraint d’être racheter par l’UFC.
En Europe l’activité de promoteur n’est pas aussi rentable qu’en Asie ou aux USA et relève parfois du bénévolat même si le Cage Rage ou l’Ultimate Glory peuvent se targuer de faire des bénéfices.
Les relations avec les médias :
Ce n’est que depuis très récemment que les grands médias se sont intéressés au MMA. Outre Atlantique c’est Spike TV (Chaine câblée) qui a été un pionnier de la diffusion de ce sport avec un partenariat avec l’UFC. On retrouve sur cette chaine les Ultimate Fight Night, l’émission de télé-réalité The Ultimate Fighter et des programmes comme All Access (reportage sur les combattants). Depuis des chaines comme Showtime ou HDNet ce sont interessées au MMA avec des associations avec divers promoteurs.
Mais en matière de médias la révolution viendra de l’Elite XC qui signa, il y a un peu plus d’un an, un contrat avec CBS (chaine hertzienne américaine). C’est via ce diffuseur que le MMA réalisa la plus grosse audience de son histoire avec 5.6 millions de téléspectateurs s’octroyant même le luxe de battre la Stanley Cup (ndlr : Hockey sur glace américain). Malgré la disparition de l’Elite XC, CBS espère poursuivre la diffusion de MMA avec une organisation qui reste à déterminer. L’UFC cherche quant à lui un diffuseur hertzien et des négociations avec HBO avaient été entamées il y a quelques temps. Celles-ci sont toutefois restées sans suite.
Au Japon de grandes chaines nationales comme Fuji TV diffusent du MMA et les événements du 31 décembre font partie des traditionnelles festivités au Pays du soleil levant. A titre d’exemple le K-1 Dynamite réalise régulièrement 20% de part de marché.
En Europe le MMA est diffusé sur de nombreuses chaines câblées (Sky Sport, Extreme Sport Channel). En France la situation est plus compliquée en raison de la politique répressive du CSA qui interdit (on ne sait toujours pas pourquoi) la diffusion de MMA. On a pu toutefois voir le Pride FC sur Sport +, l’UFC sur multivision et très récemment sur RTL 9. Nul doute que le « produit » MMA pourrait attirer, en France, d’autres diffuseurs si le CSA assouplissait son règlement.
En conclusion si le MMA est en pleine expansion actuellement, il n’est toutefois pas la poule aux œufs d’or que certains décrivent. Au final très peu de promoteurs font fortune en organisant des shows et certains y laissent même leur chemise. Toutefois, avec le déclin de la boxe anglaise au niveau mondial, on peut espérer que cette activité se développera pour le plus grand plaisir des fans, des promoteurs et de leur compte en banque !
Nordine pour Fightway.fr


