Professionnel depuis cinq ans, Mounir Guebbas vient de créer le Ring Libournais
«J'étais un petit branleur et sans la boxe je ne sais pas ce que je serais devenu », raconte Mounir Guebbas, entraîneur du nouveau club de boxe, le Ring Libournais (lire par ailleurs). Ce qui frappe chez ce garçon de 30 ans qui se raconte à coeur ouvert, outre ses poings sur un ring, c'est son sourire. Il illumine littéralement son visage. On le sent épanoui.
Le boxeur professionnel est né à Libourne, au milieu d'une fratrie composée de trois frères et quatre soeurs mais c'est à Saint-Seurin-sur-l'Isle, commune à laquelle il reste charnellement attaché, qu'il a grandi. À deux pas du stade Fernand-Sastre, le gamin hyperactif n'a que la route à traverser pour trouver son bonheur dans ce pré. « Ce fut ma chance », dit-il. Il y court du matin au soir. Mounir Guebbas a toujours voulu être le meilleur. Une ligne de conduite qu'il s'impose tant au football qu'au rugby, deux disciplines qu'il pratiqua avant la boxe.
Le fameux coup de poing
La boxe justement ? D'une certaine manière, il doit à Jean-Philippe Carle, son entraîneur au club de rugby de Saint-Médard-de-Guizières, sa carrière, ses 24 combats amateurs, ses 21 victoires dont 14 avant la limite, palmarès rarement observé à ce niveau, entre 2001 et 2003.
C'est un coup-de-poing, administré sous le coup de la colère sur un terrain de rugby au cours d'un match, qui a déterminé son avenir. « Après un plaquage anodin je me suis relevé et j'ai frappé. » Expulsion et colère, comme le carton de l'arbitre, rouge, de Jean-Philippe Carle : « Tu ferais mieux de faire de la boxe ! », lui lance ce dernier.
C'est ainsi que Mounir Guebbas se retrouva au CAM Bordeaux, club entraîné par Manuel Lacasa. L'autre personne qui compte encore aujourd'hui dans sa vie. « Il m'a montré ce que c'était qu'être un homme et m'a appris à réfléchir avant d'agir. » Lorsqu'il enfile les gants la première fois, le Saint-Seurinois met son adversaire ko. Son coach refuse de croire qu'il n'a jamais combattu auparavant. Lacasa découvre que le boxeur néophyte possède une qualité rare : l'endurance, associée à l'intuition et la volonté.
« Trois poumons »
Il n'est pas un frappeur, ni un technicien, mais il étouffe ses adversaires, avançant inlassablement sur eux jusqu'à les asphyxier. La presse spécialisée le surnomme alors Trois Poumons. Deux ans plus tard, après un titre de champion de la région Ouest et ses 21 victoires il passe professionnel en série A, l'élite.
Dans sa catégorie (64 kilos) il se forge vite une réputation de guerrier, s'entraîne avec les meilleurs clubs comme l'Universum, l'équivalent du Real de Madrid en football. Les Hollandais font souvent appel au chauffeur poids-lourds pour la société AMI Sud-Ouest à Bassens, pour servir de sparring-partner à d'autres champions, Argentins ou Ukrainiens. C'est ainsi que l'ex-champion du monde Mahyar Monshipour, de retour sur les rings cette année et avec lequel il partage depuis peu le même manager, le Toulousain Benama, fit appel à lui pour préparer son championnat du monde 2006.
Le 19 décembre Mounir Guebbas va disputer un quart de finale de la Coupe de la ligue à Paris. En attendant il s'entraîne pour être le meilleur. Comme, il le faisait sur le stade Fernand-Sastre.
Auteur : ALAIN MONTANGUON
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SOURCE / http://www.sudouest.com
