Monshipour Mormeck VS Acariès Académy...

Discussion autour de la boxe anglaise professionnelle
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sentinel
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Pourquoi si peu de grands champions en France?
Mahyar Monshipour: La boxe en France est malade à la racine. On manque de masse, les clubs ne sont pas assez structurés, les entraîneurs pas assez formés. Les rares talents, on les loupe. Et puis, même si ce sport reste mythique, les champions ici ne font pas rêver, en premier lieu parce qu'ils ne sont pas assez diffusés. Aujourd'hui, un gamin qui allume sa télé, il voit Thierry Henry qui sort avec sa Porsche. Moi à côté, j'ai une vie tranquille, je travaille. Je roule en BMW mais rien d'extraordinaire. Pas besoin d'être champion du monde pour s'en offrir une.

Jean-Marc Mormeck: Moi, je n'ai pas de BMW mais j'ai bien une Porsche et aussi une Mercedes. Surtout, j'ai goûté à la boxe aux Etats-Unis. Là-bas, c'est un spectacle à l'état pur. On boxe à l'instinct, on n'enferme pas les boxeurs dans un style, on sait les "starifier". Les adversaires ne sont pas plus ou moins choisis comme en France. Ici, avec le jeu des promoteurs, tout le monde n'a pas la même chance. On est dans un système qui bride les boxeurs. Pour que les mômes rêvent d'être Monshipour ou Mormeck, il leur faut aussi du show. On vibrait devant Tyson non seulement parce qu'il battait tout le monde, mais aussi pour tout ce qu'il y avait autour: l'argent, les paillettes, les stars. En France, c'est trop classique. Les boxeurs descendent au Campanile. ça fait rêver, ça?

Monshipour: On ne sait pas générer de l'argent parce qu'on a des organisations de bras cassés. Notre sport est géré par des non-boxeurs. Ceux qui nous dirigent ne se sont jamais retrouvés torse nu sur un ring. Ils nous considèrent comme de la viande, des sans-cerveau.

Mormeck: J'irai plus loin. Ici, on a un promoteur [Michel Acariès, duquel il s'est séparé en 2003], qui choisit qui doit faire carrière. Si un boxeur ne veut pas marcher avec lui, il lui barrera l'accès au haut niveau. Un boxeur a juste accès à une salle et à un entraîneur qui devient son ami, son négociateur, presque son père parfois. Les tractations se passent au-dessus de lui. S'il n'a pas une grande gueule, il a toutes les chances de se faire entuber. Les boxeurs titrés ces dernières années, quand on regarde leur carrière, l'argent qu'ils ont suscité, et ce qu'ils sont devenus aujourd'hui, il y a de quoi se poser des questions. Le promoteur, lui, est toujours là, avec le même train de vie.

Le système ne serait donc pas équitable?
Mormeck: Bien sûr que non. Il faudrait une vraie surveillance. Personne ne sait combien un promoteur prend et comment il négocie ses contrats. Aucune commission n'encadre ses actions, comme aux Etats-Unis. Acariès est là depuis longtemps, il fait la pluie et le beau temps. Beaucoup le pensent mais personne ne le dit. J'aime mon sport et je constate que le système ne marche plus. Il faut donc le changer, en regardant ce qui se passe ailleurs.

Mayhar, tout a été réglo pour vous avec Acariès?
Monshipour: Ce que Jean-Marc a refusé [un long contrat d'exclusivité], je l'ai accepté. Cela ne m'a jamais convenu financièrement mais j'ai accepté de signer. Je suis le seul fautif.

Mormeck: Pour exister, avais-tu le choix?

Monshipour: J'avais le choix de ne pas signer. Personne ne m'a forcé, donc j'assume. Surtout que j'ai pu devenir six fois champion du monde. Quand tu as trois boulangeries, tu peux comparer les prix et la qualité du pain. Mais nous, on n'en a qu'une.

Mormeck: As-tu été lésé?

Monshipour: Je n'ai pas été assez récompensé. C'était désavantageux, c'est vrai. C'est aussi pour ça que j'ai attendu la fin de mon contrat, pour revenir en solo.

Ce retour coïncide avec vos débuts en tant qu'organisateur. Avez-vous senti que votre démarche dérangeait dans le milieu?
Monshipour: Oui, mais pas du côté des promoteurs. Au téléphone, Michel (Acariès) m'a simplement dit: "Bonne chance, petit." En revanche, de hauts dirigeants ont colporté de fausses informations à mon sujet, disant que j'avais de graves soucis de santé, des problèmes cérébraux... Je ne l'ai appris qu'il y a quelques semaines. J'ai soudain compris pourquoi les grands patrons, avec qui j'étais susceptible de m'associer, avaient annulé nos rendez-vous du jour au lendemain.

Mormeck: Pourquoi tu reviens?

Monshipour: C'est d'abord une affaire d'homme, liée au combat que j'ai perdu [face à Sithchatchawal en mars 2006]. Tu es boxeur, tu sais de quoi je parle. Mais c'est aussi pour devenir organisateur. Je me sers de moi comme d'un outil de travail.

Jean-Marc, vous aussi vous avez tenté d'organiser votre propre combat contre Fabrice Tiozzo...
Mormeck: Fabrice parle de beaucoup d'argent alors qu'il n'a pas combattu depuis deux ans et qu'il est comme ça [il mime une grosse bedaine]. Qu'il revienne dans le coup avant de parler. Des gens sont prêts à mettre de l'argent pour ce combat mais à un moment donné, on doit aussi être raisonnable et cohérent. Lui ne l'a pas été. D'un côté, il assure que ce n'est pas une affaire d'argent et de l'autre, il dit: "Donnez-moi 600" 000 euros et je serai prêt."

Une collaboration Mormeck-Monshipour, c'est envisageable?
Mormeck: Justement, j'allais le proposer à Mahyar. C'est aussi pour ça que je suis là aujourd'hui.

Monshipour: Avec Jean-Marc, on a juste dû se croiser trois fois un quart d'heure. Alors c'est une bonne occasion pour commencer à en parler. Après, même s'il y a les contrats, c'est d'abord une question de confiance.

Mormeck: Tu te méfies de moi?

Monshipour: Oui, parce qu'on ne se connaît pas. Je te dis la vérité, même si je n'ai pas d'a priori négatif.

Mormeck: Pour faire des affaires, est-ce qu'on a besoin de se connaître? Regarde Don King et Bob Arum [les deux principaux promoteurs de la boxe], ils se détestent mais ils arrivent à faire des affaires ensemble. Michel [Acariès] n'aime pas spécialement Don, mais il travaille parfois avec lui. Je crois que toi et moi, on aime la même chose. Donc la question est de savoir s'il y a chez toi une volonté de tendre vers une direction commune ou bien si tu préfères rester en solo.

Monshipour: Oui, j'ai cette volonté, même si pour l'instant j'ai un programme en solo. Mais un gros truc, autant le faire ensemble que séparément.

Mormeck: Un gros truc, selon toi, c'est un coup ou bien un travail sur la durée?

Monshipour: Pour le long terme, il faut se connaître un peu mieux, je pense [Mormeck sourit]. Mais si, Jean-Marc! Tu vois, on n'a jamais discuté aussi longtemps qu'aujourd'hui.

Mormeck: Alors, quand est-ce qu'on apprend à se connaître pour travailler ensemble?

Monshipour: Tu viens à Poitiers pour mon combat et après on se voit.
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Stach
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Article déjà posté un peu plus bas par LB51... :roll:
Vive la Boxe!!!
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AH
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Rassure moi le boxeur51 t'as pas d'enfants hein tu comptes pas te reproduire????? :wink:
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sentinel
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désolé. Je suis naze vraiment.
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miriel
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Merci pour la restranscription intégrale de cette émission que je n'ai pas pu voir. Travail de longue haleine... bravo.
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