Ce qui n'a pas tué Sébastien Spengler le rendrait-il champion de France ?
On le croyait perdu pour la boxe après son grave accident, survenu il y a
quatre ans et demi. Mais Sébastien Spengler s'est accroché. À force de
courage et de pugnacité, le Fourmisien s'est donné les moyens de
contester demain soir à Stanislas Salmon la double ceinture nationale
des mi-moyens.
PAR JULIEN CASTELLI
« Mentalement, il est plus fort que François. » Le compliment
vient de coach Jim Bastient, dont on sait pertinemment à quel point il
porte son fils François dans son coeur. Et donc aussi Sébastien
Spengler, « le plus attachant de mes boxeurs. Je le considère quasiment
comme mon deuxième fils ».
Ce qui ne te tue pas te rend plus fort : Sébastien Spengler
est passé très près de la mort, ce 24 octobre 2005. « J'étais en
dessous de mon camion. Le cric a lâché. J'ai été écrasé par l'essieu
arrière au niveau du thorax. » Bilan : toutes les côtes cassées, le
foie et le poumon droit perforés. Un mois d'hôpital, neuf de
rééducation. Sébastien a-t-il seulement eu le temps de penser à la boxe
les jours qui ont suivi ? « Oui. J'ai dit à Jim : "La boxe, c'est
foutu, je ne pourrai plus". Quinze jours après : "Je reboxe la semaine
prochaine". » Le miraculé remonter sur le ring un an et deux mois plus
tard.
Une question ne peut pas être esquivée : Sébastien Spengler
a-t-il retrouvé le niveau qui était le sien avant le 24 octobre 2005 ?
Celui qui lui avait notamment permis, chez les amateurs, de battre le
futur médaillé olympique, Daouda Sow. « Je n'ai aucune séqu elle. Et
mentalement, je suis beaucoup plus fort grâce à mon accident. » Son
palmarès est moins affirmatif (*). « J'ai connu beaucoup de défaites
ces dernières années, reconnaît-il. Mais c'était contre des boxeurs de
niveau européen. » « Quelque part, sur le plan technique, il a été
cassé , note Jim Bastient. Il était en pleine évolution. Le temps perdu
a été un handicap. Mais c'est une teigne. Il a tellement souffert qu'il
ne pourra plus jamais souffrir comme ça. » Pour atteindre le niveau qui
lui permettrait de devenir champion de France, Sébastien Spengler a
cravaché. « J'avais pris 20 kg que j'ai reperdus en deux mois. » Et
depuis un mois et demi qu'il prépare son combat contre Stanislas
Salmon, il s'entraîne « tous les jours, matin et soir ». Car le
Fourmisien a une dette envers le sport et il le sait.
Lorsqu'il a eu son accident, il était en train de se préparer
pour un quart de finale de Coupe de la ligue, qui aurait dû avoir lieu
deux semaines après : « C'est ce qui m'a sauvé. Si j'avais été un gars
qui ne faisait pas de sport ou qui fumait, j'aurais fait une hémorragie
interne et je serais mort étouffé. » Sébastien Spengler doit sa vie à
la boxe. Il peut bien l'honorer d'un titre de champion de France.
(*) 8 victoires, 1 nul et 2 défaites avant son accident 6 victoires, 2 nuls et 8 défaites après.
SOURCE / LA VOIX DU NORD.FR

